EXPOSITIONS
Abderrahmane Cheref
Vestige échoué, œuf noir témoin des profondeurs
09.09 — 15.11.2026
Galerie des Petites Écuries
— En partenariat avec l’atelier des artistes en exil.
— En lien avec les ateliers Factotum : Marie Hulbert
Programmation
Vernissage
9 septembre, 18h
Ouvert à toutes et tous
Visite contée de l’exposition d’Abderrahmane Cheref pour les 3/7 ans
Samedi 19 septembre, 10h
Sur réservation : contact@lesfactotum.fr
Visite-atelier de l’exposition d’Abderrahmane Cheref pour les 8/12 ans
Samedi 19 septembre, 11h
Sur réservation : contact@lesfactotum.fr
Horaires d’ouverture de l’exposition :
— les mercredis et samedis de 15h à 19h
Un·e médiateur·rice est disponible pour vous accompagner dans l’exposition.
Visites guidées les samedis à 16h (env. 20 min)
— visites possibles en dehors de ces créneaux sur rdv : contact@lesfactotum.fr
Un·e médiateur·rice est disponible pour vous accompagner dans l’exposition.
Visites guidées les samedis à 16h (env. 20 min)
— visites possibles en dehors de ces créneaux sur rdv : contact@lesfactotum.fr
Abderrahmane Cheref, Vestige échoué, œuf noir témoin des profondeurs, 2026. Production Les Factotum, accompagnement céramique par Marie Hulbert. Photographie : Philippe Piron.
L’exposition fait suite à une période de résidence de recherche d’un mois aux Petites Écuries. L’artiste plasticien Abderrahmane Cheref a été accompagné par la céramiste Marie Hulbert, membre du réseau Factotum.
Dans l’obscurité, une matière noire et racornie semble provenir du milieu marin, arrivée sur le littoral tel un vestige échoué des profondeurs. Ce sont des capsules en kératine, appelées bourses de sirène, qui protègent l’embryon de raie du chaos extérieur. Fasciné par ces formes à la fois protectrices et fragiles, Abderrahmane Cheref les ramasse après la période de ponte et les tempêtes.
Autour de cet œuf noir, que la lumière pourrait subtilement traverser, les bassins semblent propices à l’éclosion du vivant. Façonnés en terre, ils portent les empreintes et les inclusions de pierres et de sable. Leur forme paraît surgir d’un paysage sous-marin : les reliefs évoquent des récifs, les textures paraissent provenir de l’accumulation de calcaire ou de sels, les failles avoir été creusées par les courants. On pourrait presque penser à la forme d’une source volcanique immergée. Certaines espèces de raie trouveraient en effet refuge proche de fumeurs noirs pour y déposer leurs œufs. D’autres les pondent dans les faibles profondeurs, où ils écloront sur les fonds sableux baignés de lumière.
Des pièces en bois brulé ponctuent l’espace. La combustion noircit, fragilise et altère le matériau, tout en conférant l’idée d’une matière fossilisée résistante aux aléas du temps qui passe. Des coulées de métal ont elles-aussi figé l’empreinte d’un moule, lors d’une fusion quasi instantanée. Si les gestes de l’artiste évoquent la fossilisation de la matière − cuisson d’empreintes sur argile, bois carbonisé, métal coulé − l’enveloppe organique des bourses de sirènes semble finir par se désagréger et se mêler au milieu dont elle est issue. De nouvelles pontes permettront sa régénération en poursuivant le cycle du vivant.
Dans cet espace feutré, Abderrahmane Cheref crée un environnement à la fois visuel et sonore où le regard se perd dans de multiples écrins pour se poser sur d’infimes objets, des expérimentations de textures ou encore sur le reflet de la lumière sur l’eau. Autant les bourses de sirène en ré-hydratation que les sculptures érigées revêtent un caractère animiste, comme si ces vestiges échoués pouvaient être les signes d’une entité spirituelle.
Pauline Thoër
Abderrahmane Cheref, Vestige échoué, œuf noir témoin des profondeurs, 2026. Production Les Factotum. Photographie : Philippe Piron.
Réseau de structures de production en arts visuels
Arts du feu et du faire
44000 Nantes
@lesfactotum